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PEdT et culture commune

En Gironde, les Francas et la Ligue de l’enseignement animent la plateforme Acté 33. Grâce à elle, collectivités et associations (mais aussi écoles, parents...) trouvent un accompagnement dans l’élaboration de projets éducatifs de territoire (PEdT) et dans tout ce qui relève des politiques éducatives locales. Marie-Pierre FORGUE en est la coordinatrice.

Les Idées en mouvement : Qui vous sollicite et quel accompagnement proposez- vous ? Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. : Les collectivités qui sont investies dans un PEdT ou qui avaient précédemment mis en place un pro- jet éducatif local (PEL). Déjà sensibilisées à l’intérêt et à la nécessité de former leurs acteurs éducatifs, elles demandent des réponses précises à leurs problématiques locales. On intervient directement dans les collectivités pour organiser des formations réunissant leurs différents acteurs : des Atsem et des animateurs qui se côtoient rarement autour d’un thème comme la gestion des maternelles par exemple. Après cette formation, les communes créent leurs propres espaces de concertation. Nous dispensons en plus des formations continues et plus spécifiques. Dans le cadre des nouveaux rythmes scolaires, des animateurs périscolaires ont été formés sur « comment s’adapter aux temps courts ». L’objectif : comprendre les enjeux du périscolaire et dans la pratique, les amener à passer d’une animation d’atelier à celle d’un cycle d’ateliers, c’est-à-dire concevoir des animations, autour des arts plastiques par exemple, sur des temps longs et non pas en changer d’une semaine sur l’autre.

 

En quoi la formation des élus vous semble-t-elle nécessaire ? Avec la réforme de l’école, les collectivités doivent s’adapter à un nouveau contexte. Cette adaptation passe par la formation des acteurs éducatifs du territoire. Elle est nécessaire parce qu’elle permet surtout de développer l’idée de culture commune, préalable à une politique éducative de qualité. Il est vrai que l’éducation et la formation font partie d’un processus long mais indispensable. Les élus et des directeurs généraux des services (DGS) ont besoin d’être formés sur des sujets de base, aujourd’hui peu ou non maîtrisés : qu’est-ce qu’un acteur éducatif ? Qu’entend-on par culture partagée ? Comment faire se côtoyer des bénévoles et des professionnels ? Comment gérer une équipe pluridisciplinaire travaillant auprès d’enfants ? Quels sont les rôles de la famille, de l’école, des parents... ? L’année dernière par exemple, nous sommes intervenus à la demande de l’Association des maires de Gironde lors de leur université d’été. Plus d’une centaine de nouveaux élus ont participé à notre formation ; dont certains se trouvent aujourd’hui dans l’obligation d’appliquer la réforme des rythmes scolaires. Sur ce point, nos échanges et nos partages d’expériences ont permis de faire bouger les lignes : ces élus, comme bien d’autres, ont saisi l’importance de mieux cerner leur rôle en matière éducative et de « faire avec les autres ».

Les formations ont-elles donné lieu à de nouvelles dynamiques ? Il est encore trop tôt pour sa- voir si les collectivités poursuivent la dynamique engagée après les formations. Avec Acté 33, nous proposons de nouvelles formes d’accompagnement. En décembre dernier, nous avons mis en place un réseau de coordonnateurs de temps périscolaires. Le réseau compte déjà plus de soixante per- sonnes, toutes traversées par les mêmes interrogations très tech- niques, comme le passage du mercredi en temps périscolaire. Cet espace leur permet d’échanger autour de problématiques qu’ils devaient, jusqu’à présent, gérer seuls sur leurs territoires. C’est aussi une façon de rompre l’isolement que vivent les coordonnateurs en milieu rural.

Propos recueillis par Mélanie GALLARD
Les idées en mouvement - Le trimestriel de la Ligue de l’enseignement - n°223 janvier-mars 2015